samedi, 23 septembre 2017

Les serfs ou l'ignoble oubli orchestré

Promenez-vous en Europe. Vous verrez: pas un seul monument commémorant l'horreur du servage. En Suède, le servage fut même aboli en 1945 seulement! A l'heure où il est de bon ton de pleurer sur la traite des noirs (généralement vendus aux négriers par d'autres noirs...), le malheur des serfs, qui a duré plusieurs siècles (A partir de la Renaissance, la nouvelle élite au pouvoir après les grands cataclysmes a envoyé ses hommes de main et la troupe auprès des paysans pour leur signifier sur base de documents truqués, datés parfois de l'empereur Néron, que leurs terres appartenaient en fait au seigneur ou à l'église, et que ces mêmes avaient donc le droit de punir le paysan si celui-ci ne respectait pas les conditions du servage), est systématiquement oublié quand il s'agit de pleurer les victimes du passé. Ces 300 ans furent une suite d'extorsions, de vols, de viols, de sévices, de massacres et de recrutements forcés dans l'armée du seigneur (Louis XVI y mit fin en 1779, les Allemands entre 1800 et 1860). Ainsi, 80% des troupes anglaises qui ont combattu contre les insurgés américains à l'époque de George Washington étaient des paysans allemands vendus à l'Angleterre par le prince de Hanovre (le principe des Leibeigene = "celui dont le corps t'appartient"). Le servage était donc parfaitement l'égal de l'esclavage. Bizarrement, ses centaines de millions de victimes n'ont pas droit à un monument.

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